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Quels symptômes et quelles conséquences ?

L’épidermolyse bulleuse se caractérise avant tout par une fragilité majeure de la peau et des muqueuses, se traduisant par des bulles rapidement suivies d’érosions post-bulleuses. On distingue des tableaux cliniques différents en fonction du type d’épidermolyse bulleuse :
1. L’épidermolyse bulleuse simple est la forme la plus fréquente et se manifeste par des bulles des mains et des pieds survenant parfois dès la naissance, ou le plus souvent à l’âge de la marche. Les bulles sont déclenchées par les chocs et les frottements, et favorisées par la chaleur. Il existe rarement d’atteinte de la muqueuse buccale. Les lésions s’améliorent généralement dans l’enfance ou à la puberté, avec persistance d’une fragilité cutanée. Ces épidermolyses bulleuses sont, à de rares exceptions près, compatibles avec une vie « normale ». Les complications chez ces enfants sont essentiellement infectieuses et fonctionnelles avec notamment des problèmes de rétraction et des problèmes de retard à la marche du fait d’un épaississement cutané plantaire parfois majeur.
2. L’épidermolyse bulleuse jonctionnelle représente un groupe de maladies très varié sur le plan clinique et génétique. Certaines d’entre elles sont rapidement mortelles du fait de complications respiratoires et infectieuses. D’autres formes, non mortelles, se rapprochent cliniquement de l’épidermolyse bulleuse simple et sont compatibles avec une vie normale.
3. Les Épidermolyses bulleuses dystrophiques (EBD) sont classées en deux groupes selon leur mode de transmission :
- L’EBD dominante est caractérisée par une éruption bulleuse généralisée mais épargnant le plus souvent les muqueuses. Elle prédomine ensuite aux zones de traumatismes et s’améliore progressivement avec l’âge. Les bulles laissent des cicatrices avec petits kystes blanchâtres, témoignant de séquelles bulleuses.
- La forme récessive est une forme grave, responsable de handicap majeur. Les lésions bulleuses apparaissent à la moindre pression ou de manière spontanée. Les lésions muqueuses sont fréquentes, entraînant une gène importante à l’alimentation, nécessitant le plus souvent le recours à la pose d’une sonde dans l’estomac pour réalimentation. Les lésions bulleuses sont rapidement responsables de fusions des doigts et des orteils ainsi que de rétractions cutanées importantes responsables d’un handicap fonctionnel majeur. Dans cette forme, il existe fréquemment des problèmes de chute de cheveux liés à la cicatrisation des lésions bulleuses du cuir chevelu avec retentissement psychologique parfois très important chez ces enfants. La présence de plaies chroniques avec décollement cutanés souvent majeurs, peuvent-être à l’origine de deux grands types de complications : les surinfections bactériennes cutanées avec parfois passage de germes dans la circulation sanguine et la survenue de cancers cutanés. Il existe souvent dans cette dernière forme une ostéoporose, parfois majeure, liée en grande partie à l’immobilisation prolongée de ces enfants et à une carence en vitamine D, fréquente dans ces formes. Cette ostéoporose est responsable de douleurs chroniques nécessitant le recours à des antalgiques parfois puissants.
Les ongles sont fréquemment atteints dans les deux formes d’épidermolyse bulleuse dystrophique, avec chute souvent précoce dans les formes récessives.
Les conséquences communes à ces trois types d’EB sont essentiellement : la douleur lors de la formation de nouvelles bulles et lors des soins ; le stress engendré par ces soins quotidiens, la possibilité de démangeaisons chroniques pouvant devenir très invalidantes, engendrant parfois des troubles du sommeil.
Dans les formes les plus sévères, un syndrome dépressif s’installe souvent à l’adolescence, lié d’une part à des douleurs, notamment osseuses et parfois intolérables, mais également au confinement à domicile quelque fois difficile à éviter à un stade avancé de la maladie.
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