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Quels symptômes et quelles conséquences ?

L’enfant dysphasique parle tard et mal. On considère qu’avant l’âge de 5 ans, il est difficile d’affirmer que le développement du langage est anormal et ne relève pas d’un retard simple. Néanmoins, si l’enfant n’est pas intelligible, ou si ses phrases sont dénuées de grammaire, sans construction, ou s’il ne comprend pas le langage, il y a un fort risque même avant 5 ans qu’il s’agisse d’une dysphasie. En cas de multilinguisme, les troubles touchent toutes les langues de l’enfant dysphasique.
L’analyse du langage intègre les sons - ou phonèmes -, les mots - ou lexique - , la construction de la phrase – syntaxe - , et enfin le sens - ou pragmatique- du langage qui produit l’effet cherché sur l’interlocuteur.
Certains enfants ont principalement un trouble de compréhension du langage oral, ou trouble réceptif portant sur les sons de la langue, les mots, la structure des phrases ou le sens du langage. Ainsi, l’élève ne saisit pas le sens des messages verbaux qui lui sont destinés, même s’il peut donner l’apparence contraire en s’appuyant sur le contexte et/ou en imitant ses camarades. L’enfant ne signale en effet jamais qu’il ne comprend pas. Dans les troubles de compréhension du langage oral, l’expression est également toujours altérée.
Chez d’autres enfants, seule l’expression semble touchée, dans la phonologie, le lexique, et/ ou la syntaxe. La compréhension est cependant altérée a minima de façon très générale.
Les symptômes de la dysphasie diffèrent donc selon le type de module principal du langage atteint ; ils peuvent ainsi associer des troubles de l’élocution pouvant parfois rendre le langage inintelligible, des troubles de la syntaxe, un manque du mot, un langage spontanée très pauvre… Une classification des dysphasies figure en fiche complémentaire (dans les "ressources documentaires"), mais il est important de noter que les symptômes évoluent avec l’âge et les rééducations.
La dysphasie a des conséquences sur l’apprentissage du langage écrit. Chez ces enfants intelligents, les procédures de base du langage oral ne sont pas encore automatisées lorsqu’ils ont l’âge d’aborder le langage écrit. L’enfant se retrouve donc en double tâche de traitement d’information, et le coût attentionnel élevé entraîne une lenteur et une fatigabilité accrue. Néanmoins, il ne faut pas attendre que l’élève ait fait des progrès en langage oral pour aborder la lecture-écriture : le langage écrit sera à son tour un support conséquent pour le développement du langage oral, et son apprentissage devrait plutôt être avancé que retardé.
Si la dysphasie n’est pas diagnostiquée suffisamment tôt, l’entrée dans le langage écrit risque d’être en revanche encore plus laborieuse, retardée, source de frustration et d’échec.
La dysphasie peut aussi avoir des conséquences dans les activités de calcul car certains enfants dysphasiques auront une difficulté particulière à apprendre le nom de certains nombres, en particulier ceux de onze à seize, et les dizaines particulières (de 70 à 90). Ils pourront également avoir des difficultés à concevoir qu’un signe puisse avoir une signification différente suivant sa position (par exemple : ne pas comprendre que dans 10, le 1 représente pas le chiffre 1 mais la dizaine). Le transcodage ou passage de la forme orale à la forme écrite, et réciproquement, peut être difficile.
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