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Quels symptômes et quelles conséquences ?

Les manifestations du syndrome de Marfan évoluent avec l’âge : les symptômes sont généralement absents à la naissance et apparaissent progressivement au cours de la vie. La présentation et la gravité de la maladie restent néanmoins très variables d’une personne à une autre, y compris au sein d’une même famille, allant de formes frustres pouvant passer inaperçues à des formes sévères.
Les signes les plus précoces concernent généralement le système musculo-squelettique (os, ligaments et muscles). Les enfants atteints de syndrome de Marfan sont souvent grands et maigres, avec des doigts longs et effilés (arachnodactylie), des membres longs et parfois des pieds plats. Du fait d’une laxité excessive des ligaments, leurs articulations sont souvent très souples, ce qui les rend sujets aux entorses et aux luxations. En grandissant, beaucoup développent une scoliose (déformation en S de la colonne vertébrale) et d’autres, moins nombreux, une déformation du thorax (creux au niveau du sternum ou, au contraire, sternum bombé).
L’atteinte ophtalmologique est fréquente chez les enfants atteints de syndrome de Marfan, mais inconstante. La fibrilline entrant dans la composition des fibres qui maintiennent en place le cristallin (la lentille située à l’intérieur de l’œil, qui permet d’accommoder la vue pour que la vision ne soit pas floue), celui-ci peut être anormalement positionné au sein du globe oculaire ; on parle alors d’ectopie du cristallin. Parfois sans retentissement sur la vue, l’ectopie du cristallin peut aussi être responsable d’une myopie plus ou moins sévère. Elle peut également évoluer vers une luxation du cristallin, c'est-à-dire vers un déplacement brutal du cristallin accompagné d’une diminution importante de la vue, parfois favorisée par un choc sur l’œil ou sur la tête. En tant que telle, la myopie forte peut aussi générer des complications. Elle favorise en effet les lésions de la rétine, le tissu qui tapisse le fond de l’œil, perçoit l’image et la transmet au cerveau par le nerf optique. La rétine peut ainsi se déchirer par endroits, voire se détacher complètement de son support : c’est le décollement de rétine, qui se traduit par une sensation de voile noir devant les yeux puis par une baisse importante de la vue. Pour préserver la vision, une opération chirurgicale est alors rapidement nécessaire.
Le cœur et les parois des vaisseaux sanguins contiennent de la fibrilline et des complications cardiovasculaires sont donc possibles au cours du syndrome de Marfan. L’aorte en particulier, la grosse artère dans laquelle le sang se jette à la sortie du cœur, peut avoir des parois moins élastiques et se dilater progressivement au cours du temps sous l’effet de la pression du sang (pression artérielle). Par ailleurs, le fonctionnement des valves cardiaques, petits clapets permettant d’isoler les cavités du cœur les unes des autres lors des contractions cardiaques, peut également être altéré. La sévérité de ces manifestations potentiellement graves est en fait très variable d’un enfant à un autre.
La survenue de pneumothorax, c'est-à-dire l’irruption anormale d’air entre le poumon et la cage thoracique, dans la cavité pleurale, est un peu plus fréquente chez les personnes atteintes de syndrome de Marfan. Le pneumothorax se traduit par une gène respiratoire d’apparition brutale accompagnée d’une douleur dans la poitrine.
Il n’y a en revanche pas de retard mental et classiquement pas de signe neurologique chez les enfants atteints, même si du fait de la longueur et de la souplesse excessives de leurs doigts, certains peuvent avoir des difficultés en motricité fine, en graphisme ou en écriture. Ces troubles peuvent être aggravés par un déficit visuel s’il en existe un. Le syndrome de Marfan, en tant qu’affection chronique, peut en outre avoir un retentissement psychoaffectif lié notamment aux difficultés d’acceptation de la maladie. Cela peut par exemple se traduire par une agitation psychomotrice, à l’inverse par une tendance à se mettre en retrait, et/ou par des difficultés scolaires.
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