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Qu’est-ce qui t’a aidé dans ta vie de tous les jours ?

« Tout d’abord mes parents, avec lesquels je parle presque tous les jours de ma maladie. Ils me disent ce qui est juste et vrai sur ma maladie, sans chercher à me cacher la vérité. Ils sont attentifs, se soucient de moi mais me font confiance et me laissent des initiatives, comme partir sans eux à l’étranger cet été.
Ensuite les médecins, qui m’ont toujours expliqué, depuis que je suis en âge de parler et de poser des questions, ce qu’était la maladie. C’est essentiel pour moi de savoir et de voir ce qu’on me fait, de comprendre pourquoi, de questionner les médecins sur tout ce qui me préoccupe. Cette connaissance de la maladie m’aide à mieux la gérer, à avoir moins peur. Il ne faut pas rester dans l’inconnu. Les médecins m’ont donné des informations au fur et à mesure que je posais des questions.
Partager mon vécu avec d’autres drépanocytaires. On n’a pas tous la même vision de la douleur et on se rend compte qu’on ne peut pas juger la douleur de l’autre. Avoir le point de vue d’un autre drépanocytaire, savoir qu’on n’est pas tout seul à vivre avec cette maladie, me rassure. On a parfois l’impression qu’on ne peut faire confiance à personne, pas même à ses parents, qu’on est tout seul. C’est d’autant plus appréciable de pouvoir sortir de son isolement, d’échanger avec des personnes bienveillantes, qui ne vont pas nous juger mais nous écouter.
Certains professeurs m’ont apporté des cours photocopiés et sont venus me voir à l’hôpital ou à mon domicile, ce qui m’a touché.
Je parle de ma maladie de façon ouverte avec mes camarades au lycée. La plupart du temps, les autres m’acceptent pour ce que je suis, comme je suis et ne me voient plus comme un malade. Je ne veux pas être réduit à ma maladie. J’ai une personnalité, des capacités intellectuelles et, même si je suis invalide à certains moments, je suis avant tout un adolescent comme les autres. Si j’explique aux autres ce qu’est ma maladie, c’est que je pense que l’ignorance provoque des peurs, des jugements négatifs, des a priori.
Je ne cache pas non plus ma maladie aux filles que je rencontre pour qu’elles m’acceptent comme je suis. Il peut arriver qu’une fille, par peur ou ignorance, me rejette. J’explique que je ne suis pas contagieux, mais cela ne suffit pas toujours à rassurer ».
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