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Prise en compte des aspects psychologiques

La maladie et les contraintes du traitement ont des répercussions sur le développement psychoaffectif de l’enfant et la construction de sa personnalité, ce qui entraîne des remaniements psychiques. Cependant ceux-ci varient d’un individu à l’autre, selon l’âge, la personnalité du sujet, ses ressources, ses acquisitions scolaires antérieures, ses fragilités et le contexte environnemental. L’enfant malade se construit en interaction avec toutes les personnes qui constituent son entourage familial, médical, amical et scolaire.
Des moments de déstabilisation existent presque toujours. Les effets psychologiques de la maladie et du traitement se font sentir, parfois longtemps après la fin de la prise en charge médicale. Après une nécessaire centration sur la maladie et son traitement, qui « fige » en quelque sorte le temps, les familles et l’enfant ont à réintégrer pour eux-mêmes la dimension du social. Des problèmes négligés pendant l’hospitalisation peuvent ressurgir et un décalage avec les autres enfants risque de se révéler. L’enfant ou l’adolescent peut craindre les contacts avec les autres, ne sait pas toujours comment répondre aux inévitables questions qu’on lui posera.
L’expérience de la maladie modifie les repères de l’enfant ou de l’adolescent qui peut se sentir différent des autres, voire étranger à leurs préoccupations, à leurs intérêts. Les centres d’intérêt de l’enfant ou de l’adolescent peuvent changer, ainsi que son rapport au savoir et ses comportements face aux apprentissages. Il peut se montrer stimulé ou inhibé. Il se pose des questions sur lui-même, sur le sens de sa maladie.
Dans le contexte scolaire ordinaire où l’élève est confronté, à travers le regard des autres, à sa « différence » (visible ou non), il convient d’écouter ses souhaits et ses craintes et éventuellement d’organiser des actions visant, par rapport à ses camarades, à trouver sa place. Malgré des progrès thérapeutiques conséquents, à cette maladie restent associées des images qui peuvent impressionner, parce que ses symptômes engagent profondément l'intimité des personnes malades. Il peut être utile d’encourager, au sein du groupe classe, un échange concernant les aménagements visibles du quotidien, pourvu que cette démarche soit entreprise dans le respect de l’enfant malade. Par exemple, l’enseignant peut initier une discussion portant sur les moyens et sur l’individualisation de l’ emploi du temps.
Progressivement, à partir des questions de chacun et parfois grâce aux médiations « didactiques », notamment lors des cours de Sciences de la vie et de la terre, on peut espérer que se construira un dialogue permettant un ajustement des représentations réciproques. Faire appel au médecin scolaire ou à des associations de parents permet de développer des actions de sensibilisation visant à informer et à dédramatiser.
À l’adolescence, le jeune malade supporte parfois plus difficilement les contraintes liées aux traitements qui le différencient de ses camarades. De plus, l’évolution de la maladie, dans les formes graves, le confronte à de nouvelles réalités et l’expose à de grandes craintes qui rendent parfois difficile la projection dans l’avenir. Il convient que les enseignants et l’équipe éducative favorisent pourtant cette projection dans l’avenir par le biais d’un projet de scolarisation adapté dont le jeune malade se sente partie prenante, où il prenne sa place de sujet. À cet égard, il est indispensable de maintenir le lien avec le groupe classe lors des hospitalisations et des séjours à domicile afin que les absences prolongées ne remettent pas en question le projet dans le milieu ordinaire. On peut envisager par exemple une correspondance postale ou par courriel dans le cadre d’un projet pédagogique, la transmission des cours par des camarades pouvant être le support du maintien de ce lien ; d’éventuelles visites, si elles sont possibles et souhaitées par l’élève doivent être encouragées et organisées.
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