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Le projet personnalisé de scolarisation

Compte tenu de la diversité des profils de ces enfants, le parcours scolaire peut se développer de façon diverse : pour certains il débutera en milieu ordinaire dans les classes de maternelle, avec ou sans accompagnants (AVS). Pour les plus sévèrement atteints, qui ont un autisme avec un retard mental important associé, ce sera la prise en charge dans un établissement médico-social ou sanitaire (IME ou hôpital de jour). Si l’enfant est accueilli dans ce contexte, il ne devra pas se trouver pour autant privé de scolarité, comme il est affirmé dans la circulaire citée : « Il faut veiller à ce que le volet scolaire du projet personnalisé soit bien assuré ». Il bénéficiera en outre des apports de l’équipe pluridisciplinaire en place, avec les éducateurs, rééducateurs et thérapeutes qui pourront lui apporter les soins nécessaires, à condition qu’ils soient bien formés à l’autisme.
Cependant la circulaire (déjà citée) prône « de privilégier la scolarisation en milieu ordinaire, au plus près du domicile des parents ». En particulier, pour ce qui est de la scolarisation en maternelle, il est reconnu qu’« elle offre à l’enfant présentant un syndrome autistique ou des TED des chances de développement optimal ». Elle doit donc être favorisée chaque fois que possible, sauf contre indication majeure. Cette scolarisation se fera soit :
- en intégration individuelle avec auxiliaire de vie scolaire, le plus souvent partielle (sauf pour les enfants les plus performants),
- ou dans un dispositif collectif de type CLIS, qui peut être soit la CLIS 1 pour les enfants ayant des troubles des fonctions cognitives, soit la CLIS spécifique « autisme » comme il en existe un certain nombre en France depuis les années 90.
- ou en UPI pour le second degré, UPI classique ou UPI spécifique « autisme », ou encore en lycée (où elles commencent tout juste à se mettre en place). La scolarisation ne sera pas organisée de la même façon selon que l’enfant se trouve dans un dispositif collectif spécifique ou dans un dispositif qui ne l’est pas.
Le temps de scolarisation. Quel que soit le lieu où s’effectue cette scolarisation, il convient dans tous les cas de figure, d’offrir à l’enfant un temps scolaire significatif, faute de quoi la scolarisation risque de perdre tout son sens. Ce n’est pas parce qu’un enfant a de faibles compétences qu’il faut lui offrir peu de temps scolaire. Les pratiques institutionnelles qui consistent à proposer quelques heures par semaine, voire quelques matinées, sont à proscrire. Ces enfants ont déjà des difficultés à se repérer et à se développer, ce n’est pas en leur donnant moins qu’on favorisera une progression. De même s’il s’agit de les scolariser en milieu ordinaire, il convient de prendre en compte cette indication de la circulaire qui rappelle que « le temps de fréquentation hebdomadaire de l’école doit être suffisamment substantiel pour ne pas engendrer des difficultés d’adaptation de l’enfant avec l’enseignant et ses camarades de classe ».
Ce point est très important pour la population qui nous intéresse. Quand on sait le peu de points de repère qu’ont ces enfants, il faut veiller à ce que le temps d’intégration soit suffisamment significatif pour leur laisser le temps de les acquérir (repères des lieux, des temps, des personnes). Ainsi même si le temps proposé à l’école est un temps partiel, il faut s’arranger pour que ces temps d’intégration soient réguliers (par exemple une heure chaque matinée de la semaine) si l’on souhaite procéder progressivement.
Par ailleurs il convient de ne pas descendre en dessous d’un certain seuil quantitatif pour que l’intégration ne perde pas tout son sens. Il convient de faire en sorte que cette intégration soit crédible pour l’enfant, pour sa famille et pour l’enseignant qui l’accueille. S’il est nécessaire de laisser du temps pour que cet enfant découvre les lieux, les personnes, prenne des habitudes, il faut aussi donner du temps aux autres enfants pour découvrir cet enfant, le connaître et pour s’habituer à son comportement « différent ».
La collaboration parents/professionnels. Les enseignants n’ont pas seulement à comprendre un fonctionnement autistique en général, ils ont à connaître et à comprendre un enfant, un élève en particulier et là, les parents peuvent leur être d’un grand secours. Il ne faut surtout pas se priver de leurs témoignages, voire de leurs conseils, eux qui vivent au quotidien avec cet enfant depuis qu’il est petit, qui l’ont accompagné, qui ont essayé de le comprendre et de décoder en permanence ses conduites. Plus un enfant est en difficulté ou handicapé, plus il convient de travailler en collaboration avec les parents et faire en sorte que tous les efforts déployés autour ce cet enfant soient convergents. Nombre de parents d’enfants autistes aujourd’hui ont témoigné par écrit de leur expérience. Ils n’ont pas eu le choix : cet enfant est advenu et il a fallu faire avec sa différence. Ils ont été amenés, parfois même malgré eux, à développer des compétences que sans cet enfant, ils n’auraient pas développées. En tant que professionnels, nous devons avoir la modestie de reconnaître ces « savoirs d’expérience » qui peuvent nous être d’une grande utilité. D’autant plus qu’un certain nombre de ces parents ne se sont pas contentés de leur expérience mais ont cherché aussi à se former et à s’informer. Ils ont compris qu’ils ne pourraient pas élever cet enfant comme ils ont élevé les autres.
D’une façon générale un travail d’équipe autour de cet enfant, non seulement avec les parents mais aussi avec tous les professionnels qui travaillent avec lui, quelle que soit leur fonction, constitue une démarche indispensable. Si l’on veut que le projet soit cohérent, il convient qu’un dialogue s’engage entre toutes les personnes qui gravitent autour de cet enfant, éducateur, rééducateur, psychologue…Tous ont à gagner de cet échange et de cette collaboration, à condition qu’ils partagent le même objectif : une scolarisation de l’enfant autiste au plus proche de l’école ordinaire. C’est à partir d’un échange régulier entre parents et professionnels que seront définis les objectifs du projet personnalisé de scolarisation qui désormais comporte tous les aspects de la prise en charge de l’enfant, aussi bien les rééducations que l’enseignement proprement dit.
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