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Quelques adaptations pédagogiques (EPS et éducation à la santé)

EPS
Se pose d’abord le problème du repérage du trouble anorectique. En effet, les performances scolaires sont conservées et souvent même excellentes jusqu’à un stade avancé de la maladie. Il n’est pas rare que ces élèves ne soient pas connues comme anorexiques dans l’établissement scolaire, du fait du déni de leur pathologie et du fréquent « camouflage » de la maigreur réalisé par la superposition de vêtements amples. Il arrive que ce soit l’enseignant d’EPS qui, le premier, constate la maigreur, si l’élève accepte d’adopter une tenue de sport qui découvre la réalité de son physique. Un refus (qui peut avoir d’autres causes) doit alerter l’enseignant.
En EPS, pour les jeunes anorexiques, il faut considérer, d’une part, leur hyperactivité physique qui peut les conduire à « surinvestir » toutes les activités physiques, dans un objectif de contrôle du poids ; d’autre part les carences dues à la dénutrition, qui entraînent une moindre résistance à l’effort malgré l’apparente hyperactivité.
En cas de doute, il convient de signaler ces élèves à l’attention de l’infirmière et/ou du médecin scolaire.
L’élève anorexique dispose généralement de ressources motrices pour agir à son rythme comme les autres élèves. Mais du fait de sa fragilité musculaire, articulaire et tendineuse, il (elle) devrait éviter tout effort violent, avec charge et sur une durée trop importante. De nombreuses activités doivent être adaptées. Confronté au refus d’adaptation, il est souhaitable que l’enseignant se tourne vers le service de santé scolaire et les parents. Il s’agit par ailleurs de réfréner une volonté fréquente de dépasser ses limites. Dans tous les cas où le dispositif a été mis en place, il faudra se reporter aux indications contenues dans le PAI.
Éducation à la santé
L’éducation à la santé qui s’appuie sur différentes disciplines et différents domaines de compétences – cf. Orientations pour l'éducation à la santé à l'école et au collège Circulaire n°98-237 DU 24-11-1998 MEN – revêt une importance particulière pour la prévention des troubles du comportement alimentaire et pour l’épanouissement et le développement de compétences essentielles chez les jeunes atteints d’anorexie ou de boulimie. L’éducation à la santé comprend différents volets parmi lesquels :
1. Les activités liées à la connaissance et la maîtrise du corps, abordées en SVT, VSP et EPS permettent de travailler sur les représentations et la prise de conscience du fonctionnement du corps. L’adolescent anorexique ou boulimique a du mal à mettre des mots sur ce qu'il ressent au niveau corporel. Il est intéressant pour lui de développer des compétences lui permettant de caractériser ses sensations quant à la faim, aux efforts physiques. Une phase visant à faire émerger les représentations des élèves concernant la faim ou la satiété – de préférence au début d’une séance consacrée à l’alimentation ou à la digestion – ainsi qu’un échange collectif après une activité d’EPS sont des situations propices à ces apprentissages et bénéfiques à l’ensemble des élèves. En EPS, l’apprentissage des principes de l’échauffement et la gymnastique d’entretien, le stretching et la relaxation dans un but de bien être, de valorisation de l’image de soi et de prévention de la santé. sont de bons moyens pour mieux accepter son corps et l’image qu’il renvoie aux autres. Ce support peut être proposé dans le cadre collectif du groupe classe (lycée) ou dans le cadre d’un projet individualisé de substitution à un cycle non recommandé et inadapté à certains élèves anorexiques (Ex : rugby ).
2. La sexualité et la reproduction : à travers les questions sur les vêtements, les représentations du corps, progressivement la notion de « corps nouveau », la puberté et la sexualité peuvent être abordées et ne concernent pas uniquement les cours de biologie. L’émergence de problématiques personnelles des élèves et de questions touchant à l’intime amènera l’enseignant à travailler avec des professionnels de santé (médecins et infirmières scolaires ou de PMI).
3. L’éducation à la santé et à la vie sociale permet d’interroger la question de la mode, du culte de la minceur et du culte de la performance, de l’influence des médias, de la pression sociale. Ces contenus peuvent être abordés selon des situations d’apprentissage diverses et dans différentes disciplines. Il est aussi intéressant de travailler sur les modalités des repas, leur fonction de lien social, les conditions de leur convivialité. Des comparaisons historiques ou géographiques constituent une porte d’entrée. Il ne s’agit pas de parler uniquement de diététique, contrairement aux représentations les plus courantes de l’éducation à la santé.
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