 |
 |

Des besoins de socialisation

Pour répondre aux besoins de socialisation du jeune IMC, l’enseignant devra veiller à lui permettre, dans le contexte scolaire :
- De prendre part à toutes les activités de la classe suivant ses possibilités: dans la cour de l’école, dans les activités de motricité puis, plus tard, dans les activités physiques et sportives ;
- De pouvoir communiquer avec ses pairs (valides ou non), y compris en dehors des activités organisées à cette fin par l’adulte. Pour ce faire, il sera important que l’élève IMC, malgré ses difficultés aux déplacements, puisse participer de la manière la plus active possible à ce temps privilégié qu’est la récréation.
Le choix de l’aide technique aux déplacements sera alors primordial. Il peut s’agir :
· d’un fauteuil roulant manuel poussé par les autres enfants,
· d’une flèche avec adaptation des dénivelés de la cour par la réalisation d’un plan incliné,
· D’un tricycle avec adaptation des cale-pieds.
Si le choix est pertinent, l’enfant IMC s’intégrera au groupe d’enfants valides sans trop de difficulté, et pourra participer à leurs jeux.
La question est cruciale pour les enfants qui disposent de possibilités de déplacement mais font souvent des chutes. Pour les enfants atteints d’une parapérésie spastique ou d’une hémiplégie cérébrale, par exemple. On a tendance à les surprotéger, à leur éviter toute activité dangereuse. Alors qu’il faut préférer une surveillance discrète à cette « dispense » des temps d’activité.
Les atteintes, notamment au niveau du langage, peuvent parfois générer incompréhension, malaise, peur ou moquerie dans l’entourage de l’enfant. Une information est donc nécessaire afin d’éviter que l’IMC ne soit assimilée à une déficience mentale.
Le travail en groupe, organisé dans la classe, est particulièrement adapté pour favoriser le développement des compétences sociales et relationnelles chez des jeunes souvent confrontés à un traitement individuel de leurs personnes, notamment sur les plans rééducatif et médical.
Dans le cadre des travaux en petits groupes, la situation spatiale de l’élève sera alors envisagée de manière à favoriser les échanges avec les pairs.
Aménagements spécifiques
- Poste de travail
La collaboration avec un ergothérapeute, par exemple via le SESSAD, permettra d’aménager au mieux le poste de travail de l’élève. Une bonne installation, essentielle au confort, a des conséquences sur les performances scolaires et dépend parfois d’un “ détail ” - hauteur et inclinaison du plan de travail, réglage de l’appui-tête... -.Les adaptations impliquent certaines modifications dans l’activité de l’élève, qu’il faut accepter, prévoir et organiser.
- Matériel utilisé
Des tables réglables en hauteur et en inclinaison - voire un lutrin -, des chaises adaptées… peuvent donc être indispensables. Au-delà de ce matériel qui concourt à une bonne installation de l’enfant ou de l’adolescent, une grande variété de petits matériels peut être nécessaire : support de travail anti-dérapant, stylo adapté, surligneurs, règle lestée, etc.
Ces matériels sont fonction des besoins propres à chaque élève mais également à chaque activité menée : peinture en maternelle, activités scientifiques au collège par exemple.
- Temps de travail scolaire
Les enfants ou adolescents qui présentent une paralysie cérébrale ont souvent besoin de soins et de rééducations qui occupent un temps non négligeable dans leur vie quotidienne. Leur temps de travail scolaire doit donc être aménagé en fonction des contraintes de soins et l’enseignant peut être confronté à des difficultés de gestion du temps, accrues par les difficultés motrices qui entraînent souvent une grande lenteur de réalisation dans les tâches scolaires. Compte tenu de ce contexte, on peut prévoir des aménagements ponctuels ou des dispositions permanentes pour adapter les tâches et les rythmes aux possibilités de l’élève en allégeant les contraintes, en fournissant des aides à la réalisation de certaines tâches, en adaptant l’évaluation.
En cas d’absences dues à des opérations chirurgicales, des soins ou des maladies, on peut imaginer des solutions de compensation - transmissions des cours, scolarisation à l’hôpital, au domicile ou par correspondance - en collaboration avec les camarades, les services de soins, les parents, dans le respect des possibilités réelles de l’élève dans ces périodes et ce contexte particuliers.
En cas d’indisponibilité partielle permanente, une scolarité adaptée peut être proposée - mi-temps, cycle aménagé avec une année supplémentaire, dispense provisoire de certaines matières, recours aux services du CNED...
- Evaluation lors des contrôles et au quotidien
La référence à la norme ne doit pas être un argument pour refuser d’adapter les contrôles et les exercices proposés au quotidien voire les rythmes d’acquisition, le PPS peut en effet prévoir un étalement du cursus scolaire pour certaines ou toutes les matières. Toutefois, les résultats scolaires ne doivent pas être appréciés de façon trop bienveillante. En effet, lorsqu’il s’avère qu’ils ont été surestimés et ne permettent pas de continuer des études au niveau espéré, la déception de l’élève et de sa famille risque d’être grande.
Un temps supplémentaire, une tâche moins longue à réaliser, une aide matérielle ou humaine sont des conditions qui doivent être accordées si besoin. Pour des élèves qui présentent des lenteurs d’exécution et des difficultés de réalisation, on s’inspirera des dispositions prévues pour les examens.
- Aménagement des examens.
- Activités scolaires hors établissement
Les devoirs à la maison, dans le second degré, sont partie intégrante du travail scolaire et donc l’adaptation doit inclure une réflexion sur cette problématique. Souvent les aides, humaines ou techniques, ne sont pas articulées et réfléchies en termes de continuité ou de complémentarité entre les deux temps et les deux lieux. Tout devoir à la maison devrait susciter une anticipation en termes de consignes, d’accessibilité du support documentaire, d’aide à la réponse et de temporalité.
Les déficits moteurs semblent souvent poser problème à l’organisation de sorties pédagogiques, de classes transplantées, de séjours linguistiques qui pourtant font partie des enseignements obligatoires. Ces activités constituent cependant des occasions précieuses pour développer l’autonomie (physique, psychique, sociale et intellectuelle) du jeune et l’apprentissage pour tous d’une démarche d’inclusion. C’est pourquoi, il conviendra de s’attacher particulièrement à la réussite de ce type de projet en l’anticipant jusqu’au détail (garantie de l’accessibilité et de sécurité des locaux d’accueil, des transports, des lieux de visite…), en recherchant toutes les solutions favorisant la participation effective de l’élève (accompagnement, matériels adaptés…) ou à défaut sa participation indirecte et son association à l’activité du groupe (tournage de vidéos, visite virtuelle du site, interactions par webcam via par internet…).
 |
 |
 |