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Adaptations en écriture

L’apprentissage de l’écriture se fera de façon concomitante avec celui de la lecture afin que l’enfant perçoive clairement le sens de ce qui lui est enseigné et s’inscrive au plus tôt dans des processus de communication réelle. Toutefois, un certain nombre de difficultés, physiques et perceptives devront être prises en compte pour permettre l’accès à l’écriture.
La déficience physique peut avoir pour effet une posture corporelle inadéquate, une faiblesse musculaire, des contractions nuisant à la fluidité du mouvement, un mauvais contrôle de la pression, une difficulté à coordonner relâchement et contraction des groupes musculaires antagonistes, des mouvements parasites et involontaires, et une motricité fine insuffisamment contrôlée qui gêneront les capacités d’écriture.
On peut aussi observer qu’une défaillance des capacités perceptives peut parfois être à l’origine de difficultés d’accès à l’écriture:
-une diminution du champ visuel, notamment dans sa partie inférieure ou latérale, peut entraîner une négligence visuelle. L’enfant, ne percevant pas, par exemple, une moitié de l’espace visuel, ne copiera que la moitié du modèle à reproduire ;
- Des troubles du regard induisent des difficultés de spatialisation :
* concernant la topologie: l’enfant apprécie mal la situation d’objets les uns par rapport aux autres. Il lui est difficile, par exemple, de relier deux points, car l’espace entre les deux est mal perçu, de suivre du doigt un tracé et de percevoir que deux lignes sont parallèles.
* concernant l’orientation des objets par rapport à l’axe bidimensionnel du plan: l’enfant a du mal à percevoir les obliques, un graphe, un schéma, une courbe.
Dans le cas de troubles du regard on constate que l’élève a du mal à reproduire un graphisme quand il essaie de copier un modèle qu’il a sous les yeux.
ADAPTATIONS ENVISAGEES
-Etre attentif à l’installation de l’élève à la table de travail
La stabilité du tronc et la qualité de la posture sont indispensables pour fournir un point d’appui aux mouvements de l’écriture. Il importera de veiller à l’ajustement de la hauteur de la table, à sa forme, par exemple évidée au niveau de la poitrine pour favoriser un meilleur appui des avant-bras, au siège utilisé (s’assurer que les pieds reposent au sol ou sur un repose-pied, et à l’emplacement par rapport au tableau particulièrement au moment des premiers apprentissages).
Toutefois il est conseillé, le plus souvent, de respecter les positions préférentielles et spontanées qu’ils adoptent, car elles correspondent dans bien des cas à des adaptations posturales palliatives en particulier avec les enfants qui ont des diminutions du champ visuel.
Les adaptations, envisagées avec l’aide de l’ergothérapeute, seront d’autant plus pertinentes que l’on aura été attentif aux dires de l’enfant quant à son confort.
-Adapter le support d’écriture, le choix du plan de travail, la nature du support, la position et la présentation de la feuille
*Penser à l’utilisation du plan incliné, qui permet une meilleure couverture visuelle de la feuille
*Développer autant que possible les activités graphiques de maternelle qui privilégieront le geste plus que la trace.
*Fixer le support d’écriture à l’aide d’un anti-dérapant (support caoutchouc, plaque aimantée)
*Utiliser une ardoise de type « velleda » suffisamment grande, stabilisée, qui autorise davantage l’erreur puisqu’il est possible d’effacer les productions non satisfaisantes.
*Etre attentif à la position de la feuille qui sera laissée au choix de l’enfant, le plus à même de juger de sa pertinence.
Pour les élèves présentant une dyspraxie visuo-spatiale, le choix de la feuille blanche avec un lignage simple et adapté sera plus judicieux que le lignage « seyes ».
Des repères de couleur peuvent venir en aide à l’enfant dans son repérage spatial, par exemple pour lui permettre de situer le haut, le bas, la droite, la gauche. Un enfant présentant une diminution du champ visuel latéral gauche saura ainsi qu’il doit commencer son travail à partir du moment où, en tournant la tête, il perçoit un point vert situé à gauche.
-Adapter l’outil scripteur et le mode d’écriture
L’outil variera en fonction de l’élève, de ses capacités de préhension, de pression, de traçage. On adaptera donc la taille et l’épaisseur de l’outil - utiliser par exemple des “ grossisseurs ” de crayon -, la dureté ou la mollesse de son extrémité, son glissé ou sa résistance, etc. Un gros feutre peut s’avérer plus facilement maniable. Le crayon papier, pour sa part, permet la correction, résiste aux pressions dues aux spasmes, et la forme à facettes en permet une bonne prise.
Pour certains élèves, l’écriture cursive peut être fonctionnelle. Une fois maîtrisée, elle permet la rapidité et la souplesse du geste.
Pour d’autres élèves encore en raison de trop grandes difficultés praxiques on utilisera l’outil informatique pour écrire ce qui suppose un apprentissage spécifique (en lien si nécessaire avec l’ergothérapeute)
-Pallier les difficultés de la perception visuelle en sollicitant le langage, en favorisant la mémoire kinesthésique et en utilisant l’ordinateur
Particulièrement pour les enfants atteints de dyspraxie visuo-spatiale on peut contourner le canal visuel en évitant les exercices de copie directe et s’appuyer autant que possible sur le canal auditivo-verbal. C’est-à-dire qu’on associe le mouvement à sa description verbale - “ on monte, on tourne vers la gauche et on redescend puis on tourne à droite ”. La maîtrise du vocabulaire spatial est une aide précieuse pour permettre à l’élève de réaliser des tracés et pour situer ces tracés dans l’espace de la page.
L’enfant peut réaliser des copies différées durant lesquelles l’épellation sera indispensable. Il faut effectuer avec lui, à ce niveau, un véritable travail de décomposition du mot et de mémorisation.
L’ordinateur peut fournir des aides multiples, par exemple pour différencier le fond et la forme, pour faire varier la brillance et la prégnance des graphies, la taille et la forme des lettres.
-Limiter si besoin l’écriture manuelle et la prise de notes par écrit
L’apprentissage de l’écriture ne doit pas être une source d’échec massif et prolongé. Si les difficultés sont importantes, l’écriture manuelle doit être limitée autant que possible et l’usage d’un clavier privilégié suffisamment tôt, dès la grande section de maternelle. L’enfant doit pouvoir disposer d’un ordinateur.
Si l’utilisation de la souris s’avère difficile, il faut recourir à des contacteurs spéciaux qui permettront à l’élève d’être opérationnel, que ce soit du bout des doigts ou d’un faible geste de la tête, du genou… Si besoin on peut utiliser un logiciel permettant l’affichage à l’écran du clavier.
Dans les situations où l’élève ne dispose pas d’un ordinateur, on peut, dans certaines circonstances, utiliser un tableau magnétique ou des étiquettes - de grande taille pour être plus facilement préhensibles et munies d’un scotch double face pour bien “ accrocher ” sur le tapis antidérapant - voire des lettres mobiles.
Concernant la prise de notes particulièrement dans le second degré voire dans le supérieur, on l’aidera à optimiser ses prises de notes (organisation, abréviation…). On l’autorisera à utiliser éventuellement un magnétophone, on lui fournira des photocopies, voire des textes scannés. Tous ces aménagements nécessitent une organisation dans l’espace et dans le temps qui permet à l’élève d’accéder en temps voulu à la lecture ou la relecture. Dans certains cas on pourra fournir à l’avance des documents qui seront complétés par l’élève. Ce qui importe ici, c’est la continuité de l’action.
-Encourager une réelle expression écrite et tolérer un graphisme malhabile
Dans le cas de difficultés graphiques, on se gardera d’encourager la qualité de l’écriture manuelle et de la présentation du document, au détriment de la rapidité d’exécution et de la lisibilité.
Les difficultés rencontrées ne doivent pas encourager l’enseignant à limiter exagérément la production d’écrit. L’élève doit être capable de produire des écrits suffisamment longs dans la mesure où les adaptations nécessaires ont été prévues pour éviter fatigue et échec : par exemple un temps de réalisation supplémentaire et le recours au clavier de l’ordinateur, dont l’utilisation efficiente nécessite de la part de l’élève un véritable apprentissage. Il convient donc d’encourager une réelle expression écrite même dans les cas extrêmes où une expression graphique autonome est impossible. Dans ce cas elle passera par la dictée à l’AVS, à un secrétaire, à un logiciel de reconnaissance vocale. Dans ce contexte la relecture est essentielle et passe par des procédures différentes où la vision, l’écoute et la reformulation sont associées.
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