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Quels symptômes et quelles conséquences ?

Les manifestations cliniques de la neurofibromatose 1 évoluent avec l’âge : les symptômes sont souvent absents à la naissance et apparaissent progressivement au cours de la vie. Mais l’expression de la maladie reste très variable d’une personne à l’autre, y compris au sein d’une même famille, allant de formes frustres pouvant passer inaperçues à des formes sévères, qui sont cependant plus rares.
Les signes les plus fréquents se situent au niveau de la peau. Les taches café au lait sont des taches pigmentées brun clair, de quelques millimètres à quelques centimètres de diamètre, qui peuvent apparaitre dès les premières semaines de vie sur le torse et les membres ; leurs taille et nombre sont un des critères diagnostiques de la maladie. Les lentigines sont des taches café au lait millimétriques, qui ressemblent à des taches de rousseur, mais sont localisées dans le pli de l’aine et dans le creux axillaire (creux des épaules). Les neurofibromes apparaissent plus tardivement, soit sous la forme de petites excroissances de la peau (neurofibromes cutanés), généralement indolores mais parfois inesthétiques, soit sous la forme de nodules palpables sous la peau (neurofibromes sous-cutanés), qui peuvent quelquefois être douloureux. Les neurofibromes plexiformes sont plus rares ; généralement présents dès la naissance, ils tendent à se développer à partir de l’adolescence. Ce sont des zones infiltrées (en relief), et mal limitées contenant parfois des nodules fibreux en leur sein; la peau en regard est épaisse et pigmentée. Ils peuvent s’étendre progressivement, et parfois comprimer un organe profond ou la moelle épinière, générant des douleurs récurrentes et/ou des manifestations neurologiques. Les neurofibromes sous-cutanés et plexiformes doivent être surveillés régulièrement car ils peuvent dégénérer en cancer (dans 3-4% des cas, surtout à l’âge adulte).
Les nodules de Lisch sont des petites taches pigmentées qui apparaissent sur l’iris. Ils n’ont aucun retentissement sur la vision mais sont très évocateurs de NF1 et peuvent constituer une aide au diagnostic. En revanche, une diminution du champ de vision, l’apparition d’un strabisme (loucherie) ou une baisse de la vue doivent faire rechercher un gliome des voies optiques, une tumeur cérébrale bénigne qui se développe aux dépends des nerfs qui transmettent les informations visuelles. Le gliome des voies optiques concerne environ 15% des personnes atteintes de NF1 ; il apparait généralement avant l’âge de 6 ans. Le plus souvent, il évolue lentement et n’a aucun retentissement ; quelquefois, il est plus agressif et peut compromettre le pronostic visuel et/ou perturber la sécrétion de certaines hormones, risquant par exemple de déclencher une puberté précoce. Le risque de survenue d’un gliome des voies optiques justifie une surveillance systématique du champ de vision chez tous les enfants atteints de NF1.
Il n’y a classiquement pas de retard mental chez les enfants atteints de NF1. Des difficultés d’apprentissage sont néanmoins fréquentes et peuvent altérer la scolarité. Elles concernent environ 40% des malades, c’est à dire trois fois plus d’enfants que dans la population générale, et nécessitent une prise en charge précoce. Ces enfants sont en particulier susceptibles d’avoir des troubles de la concentration, un déficit attentionnel et quelquefois une agitation. Ils peuvent aussi présenter des difficultés de mémoire, d’organisation, de coordination motrice, des troubles visuo-spatiaux (difficultés de repérage dans le temps et dans l’espace) et/ou des troubles du langage écrit et/ou oral.
Des complications orthopédiques sont aussi à craindre, bien qu’elles soient moins fréquentes. Une inégalité de la longueur des membres inférieurs, une pseudarthrose (sorte de fracture spontanée et inconsolidable), des déformations osseuses peuvent témoigner de la présence de neurofibromes au niveau des os. L’apparition d’une scoliose, tout particulièrement à l’adolescence, constitue aussi une complication non rare de la neurofibromatose 1.
Le diagnostic de NF1 est clinique ; il est posé devant la constatation d’un certain nombre de symptômes considérés comme des critères diagnostiques. L’étude génétique n’est habituellement pas réalisée, car elle ne permet pas de prédire la gravité de la maladie et ne modifie pas la prise en charge de l’enfant.
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