 |
 |

Quels symptômes et quelles conséquences ?

L’anorexie mentale
L’anorexie mentale se traduit par une privation volontaire de nourriture, souvent dissimulée et niée, accompagnée d’un amaigrissement rapide et massif, alors que la sensation de faim est préservée. Elle s’accompagne d’un déni de la maigreur par l’adolescente, qui reste persuadée qu’elle est trop grosse et multiplie les stratégies pour maigrir encore : hyperactivité, pratique sportive à outrance, utilisation de laxatifs… L’adolescente garde généralement un intérêt pour la nourriture (elle consulte des recettes de cuisine, aime cuisiner…) et ses performances scolaires restent souvent excellentes pendant longtemps. Elle a en revanche souvent tendance à s’isoler de ses relations amicales et à restreindre progressivement sa vie sociale. Physiquement, outre l’amaigrissement massif -parfois dissimulé sous des vêtements amples-, l’anorexie mentale se caractérise par une aménorrhée (disparition des menstruations), une frilosité, des signes de dénutrition (peau pâle, cheveux ternes et secs, ongles cassants…) et une tendance à la constipation. Lorsque l’amaigrissement devient majeur, des complications peuvent survenir : une baisse de la tension artérielle, un abaissement de la température corporelle, des épisodes d’hypoglycémie ou un ralentissement de la croissance. Dans les cas les plus sévères, un dysfonctionnement du rein et/ou des perturbations de la concentration en ions dans le sang (troubles hydroélectriques) peuvent apparaître et entraîner des œdèmes, des troubles du rythme cardiaque (pouls lent ou irrégulier), ou des crises d’épilepsie.
La boulimie nerveuse
Elle se traduit par la survenue irrépressible, plusieurs fois par semaine, voire par jour, de crises de boulimie au cours desquelles l’adolescent absorbe de façon compulsive et incontrôlée, sans faim ni plaisir, une très grande quantité d’aliments souvent sans qualité gustative particulière (plaquettes de beurre entières, aliments encore congelés, …). La fin de l’accès est souvent marquée par des maux de ventre. Au décours, certains sujets mettent en place des stratégies pour éviter de grossir : ils se font vomir, jeûnent, font du sport de façon intensive... Le jeune boulimique, qui a conscience du caractère anormal de sa conduite, vit ses crises dans la culpabilité, la honte, le dégoût de soi. Il dissimule souvent ses troubles à son entourage et peut avoir tendance à se replier sur lui-même. Des complications psychologiques (isolement social, dépression, voire pulsions suicidaires) sont donc à craindre.
La boulimie ne s’accompagne souvent d’aucun symptôme visible, même si un surpoids ou des variations importantes du poids sont parfois observés. D’autres fois, les vomissements itératifs peuvent provoquer une irritation de la gorge, de l’œsophage ou de l’estomac, des troubles de l’émail dentaire (dents fragiles et cassantes) ou un gonflement des glandes parotides (aspect joufflu). Outre les troubles psychologiques déjà décrits, les complications de la boulimie nerveuse sont dominées par le risque de troubles hydroélectriques (voir ci-dessus).
Dans les faits, des conduites anorexiques et boulimiques coexistent ou se succèdent souvent chez un même patient. L’évolution de l’anorexie mentale est en particulier souvent émaillée d’épisodes boulimiques.
 |
 |
 |