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Qu’est-ce qu’aménager le rythme scolaire ?

Il s'agit pour l'ensemble de l'équipe éducative, sous l'impulsion et la responsabilité du directeur, d'organiser (en cohérence avec les préconisations inscrites dans le PAI ou le PPS, quand ils existent) l'emploi du temps de l'élève de manière individualisée. Cette organisation doit pouvoir répondre à l'exigence de continuité du parcours de scolarité d'un élève que la maladie ou le handicap moteur et les troubles associés met en rupture d'école, tant du point de vue de la présence en classe que de la disponibilité pour étudier et apprendre.
Un temps de scolarité adapté, fréquemment réduit est l’élément le plus caractéristique de l’intégration de tout élève en situation de handicap. L’enseignant se trouve ainsi contraint à réfléchir d’emblée à la définition des objectifs prioritaires. La situation scolaire incite aussi à envisager la question sous l’angle de la place consacrée aux apprentissages fondamentaux. Même s’il ne s’agit pas de les réduire aux domaines de la maîtrise de la Langue ou des Mathématiques, concrètement il n’est pas anormal de privilégier ces deux domaines disciplinaires quand le temps de présence est réduit. Mais la réflexion ne peut être réduite à cela, car le temps scolaire hebdomadaire, mensuel ou annuel concerne à la fois les temps d'enseignement proprement dit (introduction de notions nouvelles, exercices d'appropriation, évaluations), les temps d'apprentissage (études dirigées, heures de permanence ou de soutien) et les temps péri-scolaires comme celui des récréations, des ateliers périscolaires, de la cantine, ainsi que les temps de transport.
Par exemple dans une Clis 4 ou dans le cas de l’intégration d’un élève handicapé moteur dans une classe dite ordinaire, un créneau à la Piscine municipale devient un temps d’apprentissage « fondamental » ; nous voyons là que les pédagogues doivent intégrer dans leur réflexion l’analyse des besoins particuliers de l’élève.
Un certain nombre de ces aménagements sont prévus dans le cadre du PPS ou du PAI de l'élève : ainsi il peut être envisagé une présence scolaire à temps complet ou partiel selon une quotité précise. Des moments de repos dans la journée ou la semaine peuvent être préconisés. De même on peut envisager , de façon formalisée et contractuelle une poursuite de cycle en trois ans au lieu de deux (BEP en 3 ans par exemple).
En l'absence d'existence ou de formalisation de ces projets, il faut néanmoins penser l'ensemble de ces moments du temps scolaire pour les articuler le mieux possible aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent. Dans ce cas, un aménagement peut être envisagé et entériné par la rédaction d’un document provisoire contractuel entre la famille et l'équipe éducative (dont le médecin scolaire). Si le PPS est en cours d'élaboration, il convient de contacter l'enseignant référent qui suit le dossier de l'élève. L'objectif est bien d'adapter le temps scolaire aux possibilités d'apprentissage et de vie sociale de l'élève selon l'évolution de son état de santé ou de ses troubles.
L'aménagement du rythme scolaire ne s'impose pas toujours et pas forcément de façon durable. Par exemple un élève revenu d'une hospitalisation peut récupérer des forces plus vite que prévu et être capable ou demandeur d'une présence à l'école plus importante avec des plages d'enseignement plus nombreuses. Cet aménagement doit donc être pensé comme évolutif, et dans l'attente d'une réunion de l'équipe de suivi et de scolarisation (ESS), on doit pouvoir donner une réponse rapidement soit au désir exprimé de l'élève (favorablement ou non) soit à l'évolution constatée de ses capacités scolaires pourvu que le projet pédagogique soit pensé, cohérent et concerté notamment avec sa famille et l'enseignant référent.
D'ailleurs l’aménagement du rythme scolaire ne signifie pas systématiquement « allègement » du temps scolaire. En fonction des besoins de l'élève, on peut par exemple maintenir une quotité horaire à l'école, au collège ou au lycée complète mais prévoir des heures de soutien en lieu et place de cours collectifs. C'est bien dans cet esprit que les dispositifs de scolarisation collectifs comme les Clis ou les UPI ont été créés et fonctionnent. Aménager le temps scolaire consiste alors à proposer des modes pédagogiques alternatifs. On peut ainsi proposer par exemple à l'élève des plages de repos, l'intégrer à des activités ludiques en autonomie au CDI... On peut décider selon le profil scolaire de l'élève de renforcer pendant une période donnée les horaires dans certaines disciplines moins coûteuses en énergie cognitive ou physique ou privilégier les disciplines où l'élève se sent le plus à l'aise.
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