Campagne présidentielle : Les propositions des candidats en matière de handicap ?
La présidentielle bat son plein et les candidats avaient jusque-là très peu parlé du handicap. Lundi 3 avril, près d’une centaine d’associations ont souhaité faire entendre la voix des handicapés de France et surtout connaître les projets et les engagements des candidats en matière de handicap. Les onze candidats étaient invités, mais aucun n’est venu personnellement, envoyant à leur place un représentant.
Une façon de plus, malheureusement, de démontrer la place presque inexistante du handicap dans le débat présidentiel. Quoi qu’il en soit, dans tous les programmes, on retrouve quelques propositions à ce sujet. Integrascol vous a préparé un petit récapitulatif.
François Fillon
Sommaire

Il indique que la situation des aidants doit évoluer et il prévoit un véritable statut et une formation sur le handicap. La Haute Autorité de Santé (HAS) sera appelée à concevoir un cahier des charges regroupant les « bonnes pratiques d’application obligatoire ». Il compte également mettre en place « des solutions » pour éviter l’épuisement du personnel, sans réellement donner d’explication sur les moyens ou les méthodes.
On trouve également quelques propositions sur la formation et l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Le candidat Fillon souhaite que leur accueil soit amélioré dès la crèche, jusque aux écoles d’enseignement supérieur. Là encore, des professionnels seront formés promet-il, avec des formations adaptées aux situations de handicap.
Il évoque également le besoin d’améliorer l’accessibilité des espaces publics, des établissements de santé et des transports en commun.
François Fillon assure également qu’il désire la création d’un logiciel internet qui permettrait de connaître en temps réel les places disponibles dans les MDPH (Maison Départementales des personnes handicapées), sur l’ensemble du territoire.
Enfin, le candidat des Républicains a affirmé vouloir mettre en place un « plan autisme », sans en expliquer les contours ni les aboutissements.
Emmanuel Macron

Pour l’école, Emmanuel Macron souhaite aller vers une « sensibilisation systématique au handicap ». Il va encourager les actions collectives qui permettront aux handicapés d’être toujours mieux acceptés, à l’école, mais aussi dans les administrations et les entreprises.
Le jeune candidat a également exposé le souhait que les personnes aidantes se voient attribuer un « don de RTT » de la part de leurs collègues, et que leur situation soit incluse au moment du calcul de l’âge de départ à la retraite. Il souhaite aussi que l’on puisse identifier un « référent accessible pour chaque personne », et garantir un salaire convenable et décent, ainsi qu’un emploi stable, à tous les auxiliaires de vie scolaire qui accompagnent les enfants handicapés.
L’accessibilité aux espaces publics ainsi qu’aux transports en commun fera également parti de ses priorités. La vie professionnelle doit être simplifiée pour les personnes handicapées, et le candidat souhaite alors que l’État renfloue leur compte d’activité et créer un label pour les formations les plus intéressantes.
L’accès au logement sera également facilité, en faisant en sorte que les bailleurs sociaux soient impliqués dans le projet. Ce sont eux qui auront pour mission d’identifier les logements les plus adaptés, selon les handicaps, et si nécessaire effectuer des travaux ou offrir des solutions de relogement.
Jean-Luc Mélenchon

Il promet une lutte de chaque instant contre les discrimination touchant les personnes handicapés, que ce soit à l’école pour les enfants, en entreprise pour les adultes, et jusque dans les maisons de retraite pour les personnes du 4eme âge.
La promesse est faite que l’allocation aux adultes handicapés sera réévaluée au niveau du SMIC, pour ceux qui sont en incapacité totale d’exercer un métier.
Enfin, il promet qu’il titularisera toutes l’accompagnant d’élèves en situation de handicap, que les équipes d’accueil et d’accompagnement seront renfoncées efficacement pour permettre aux enfants de s’épanouir correctement, de la meilleure des façons.
Benoît Hamon

Benoît Hamon est un ancien ministre de l’Éducation et il se dit donc très attaché au bien-être des enfants handicapés à l’école. Il désire alors que les effectifs soient diminués dans une classe comprenant un ou plusieurs enfants atteints d’un handicap. Pour les entreprises, il souhaite que des postes de travail soient aménagés, tout en favorisant le télétravail.
Son souhait est que la prise en charge dans les Maisons départementales des personnes handicapées soit nettement améliorée. Les mots d’ordre annoncés sont « la simplification, la réduction des délais, la personnalisation, et la participation des usagers ». Des plans d’accueil seront également financés dans les établissements.
Enfin, pour l’allocation aux adultes handicapés, il se montre moins généreux que Jean-Luc Mélenchon ou qu’Emmanuel Macron, puisqu’il prévoit une hausse de 10 %, soit environ 80 euros supplémentaires chaque mois.
Marine Le Pen

La lutte contre la discrimination fait partie de ses promesses de campagne mais le sujet reste très vague, et il n’y a pas de précision sur les moyens d’y parvenir. Idem pour l’accessibilité au travail pour les personnes handicapées. Le sujet sera traité lors du quinquennat, mais on ne sait pas encore comment.
Comme François Fillon, la candidate FN se préoccupe de l’autisme, et elle estime qu’une prise en charge « digne » devra être instaurée. Enfin, Marine Le Pen désire que le droit à l’oubli pour les majeurs en rémission après une affection longue durée, soit allongé à un délai maximal de 5 ans.
Concernant la GPA, la candidate FN est la seule qui veut l’interdire. Aussi Marine Le Pen voudrait refuser la nationalité Française aux personnes nés via une GPA (gestation pour autrui).
Nicolas Dupont-Aignan

Pour les adultes, il souhaite que le télétravail soit développé par les compagnies, afin de fournir des postes plus nombreux à ceux qui ont du mal à se déplacer et sortir de chez eux.
François Asselineau

Les salaires des professionnels de la santé devraient être revalorisés et les allocations seront « pérennisées ».
Il désire également que les communes, les entreprises, mais également les citoyens s’engagent de manière plus efficace et plus concrète pour que les personnes en situation de handicap soient mieux acceptées dans la vie citoyenne.
Philippe Poutou

Les salaires en dessous de 1 700€ seront tout simplement interdit. Les frais de santé et d’appareillage seront entièrement gratuits.
Enfin, tous les enfants handicapés devront pouvoir bénéficier du droit à l’éducation et à la scolarisation. Les solutions pour y parvenir ne sont pas connues pour l’instant.
Jean Lassalle

Le candidat promet d’assurer une allocation pour adulte handicapé minimale, que le conjoint est un bon revenu ou non. Une mesure assez unique figure dans son programme, celle de construire des hébergements de vacance uniquement destinés aux personnes en situation de handicap et aux aidants.
Enfin il souhaite que les équipements urbains soient adaptés aux handicapés, et il autorisera les travaux d’adaptation qui dérogent aux normes, si elles peuvent permettre à quelques handicapés d’en profiter.
Jacques Cheminade

Les Maisons départementales des personnes handicapées auront droit à des moyens plus importants et des places en foyer seront créées pour accueillir dans de meilleures conditions les personnes atteintes d’autismes et nécessitant une attention particulière.
Il souhaite également que les enfants handicapés soient mieux répartis dans les établissements scolaires, afin que le handicap soit mieux appréhendé et que les discriminations diminuent. Avec la présence d’un enfant en situation de handicap par classe, le candidat estime que les autres élèves seront plus facilement sensibilisé.
Nathalie Arthaud

Nathalie Arthaud va imposer aux « bétonneurs » tels que Bouygues, de réaliser des travaux d’aménagement dans les bâtiments publics, à prix coûtant.
Elle s’engage également à réduire le taux de chômage chez les personnes handicapées. Pour cela, elle souhaite simplement faire appliquer la loi qui oblige théoriquement les entreprises de plus de 20 salariés, à embaucher des personnes en situation de handicap, à hauteur de 6 %.
Pour l’Allocation adulte handicapé, Nathalie Arthaud est la plus généreuse. Elle estime que personne ne devrait toucher moins de 1 800€. Le SMIC sera réévalué à ce niveau, et l’AAH le sera également. Enfin tous les soins et les équipements seront remboursés à hauteur de 100 % par la Sécurité Sociale.

